Perchman (cinéma)

« Allez, on y va : silence s’il vous plaît… Moteur ! » demande l’assistant réalisateur. « Ça tourne ! » répond l’ingénieur du son…

Ce signal, c’est celui de son entrée en scène. Discret jusqu’alors, dans un coin du plateau, il s’avance tel un équilibriste vers le centre de la piste…

« Action ! »

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Les comédiens s’élancent, il les accompagne. Leurs répliques s’enchaînent, partout son micro les suit. La chorégraphie a été répétée une fois ou deux déjà, si bien qu’il anticipe tout : déplacements, retournements, inclinaison des têtes et jeux de chapeaux…

En studio, il a suivi l’installation des projecteurs par les électros ; en extérieur, il guette la progression du soleil. Les ombres qu’il projette épousent soigneusement les bords-cadre, sans jamais apparaître à l’image, tout comme son corps et la longue perche qu’il a dépliée pour maintenir en permanence le micro au plus près de l’action…

Quelques indices suffisent au perchman expérimenté pour se représenter les limites de l’espace dans lequel il peut évoluer : la focale de l’objectif installé par l’assistant camera à la demande du cadreur, une marque tracée au sol par le pointeur ou encore les reflets qu’il observe dans les vitres, portes, carrosseries et autres surfaces réfléchissantes…

Sur la pointe des pieds, bras tendus ou au contraire jambes fléchies et buste renversé, parfois plié en quatre à l’arrière d’une voiture voire lancé à toutes berzingues derrière un steadicamer pour une scène de course à pieds… Les contorsions, ça le connaît !

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Mais si le perchman est un véritable équilibriste, c’est aussi dans un sens plus imagé : assistant de l’ingénieur du son, central mais discret, diplomate en toutes circonstances, il fait preuve d’autant d’agilité et de souplesse dans ses interactions avec le reste de l’équipe que dans ses déplacements !

 

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